Bioimpression cornéenne pour une réparation chirurgicale avancée
Eric Gabison – UMR 976
Université Paris Cité – Fondation A. de Rothschild – CNRS – Inserm
Ulcération
Cornée
Impression 3D
Thérapie cellulaire
Reconstruction tissulaire
- Budget : 1,6 M€
- Durée : 4 ans (2025 – 2029)
- Référence : ANR-24-PEBI-0001
L’objectif de ce projet est d’établir un consortium français afin de produire des équivalents épithélio-stromaux cornéens, imprimés en 3D, compatibles avec les normes de Bonnes Pratiques de Fabrication (BPF) et adaptés à la greffe cornéenne. Ces cornées imprimées seront produites en utilisant des cellules épithéliales cornéennes allogéniques et des cellules stromales mésenchymateuses cornéennes ou du cordon ombilical comme source de cellules stromales.
Les thérapies cellulaires actuelles pour les troubles cornéens se concentrent généralement sur les composants épithéliaux ou stromaux séparément. Cependant, le compartiment épithélial ne peut pas survivre sur un stroma pathologique. Les résultats à long terme des thérapies cellulaires épithéliales dans les cornées gravement atteintes montrent que les greffes purement épithéliales nécessitent finalement un remplacement stromal (kératoplastie) car elles ne peuvent pas s’établir durablement sur un stroma malade.
Actuellement, des assemblages épithélio-stromaux n’ont pas encore été proposés pour la reconstruction de la cornée humaine. Par conséquent, ce projet vise à créer des assemblages épithélio-stromaux, imprimés en 3D, pour surmonter les déficiences en cellules souches limbiques et/ou traiter les ulcérations cornéennes. Il est attendu que ces assemblages préviennent les troubles de la cicatrisation, la néovascularisation et l’inflammation associée. Ces équivalents cornéens bio-ingéniérés préviendront également la fibrose cornéenne en greffant une membrane basale en maturation et réduiront ainsi les irrégularités cornéennes en remplaçant le stroma défectueux. La capacité d’imprimer et de congeler de grands feuillets d’assemblages épithélio-stromaux promet de révolutionner la gestion des troubles cornéens conduisant à la cécité, en s’attaquant directement à l’ulcération, tout en réduisant significativement le temps de traitement, les coûts de production et en augmentant la disponibilité de ces traitements dans un contexte de pénurie de greffons. Ces bioéquivalents cornéens pourront aussi être utilisé in vitro comme modèle d’étude pharmacologiques et toxicologiques expérimentaux pour des biothérapies innovantes telles que les vésicules extracellulaires et les conjugués anticorps-médicaments (ADC). Ce consortium est composé d’experts en bio-impression, en cryoconservation, en recherche translationnelle et en chirurgie cornéenne. Ces équipes ont fait leurs preuves dans ces domaines et disposent déjà des infrastructures et des compétences nécessaires pour la réalisation du programme de recherche COBRAS, limitant ainsi les risques associés à ce type de projet innovant.
La cornée, la partie transparente située à l’avant de l’œil, joue un rôle essentiel dans la vision. Lorsque cette structure est gravement endommagée par une maladie, une blessure ou une mauvaise cicatrisation, une greffe peut être nécessaire. Cependant, le nombre de cornées disponibles pour les greffes reste insuffisant et les traitements actuels ne permettent pas toujours une réparation durable.
Le projet COBRAS vise à développer une nouvelle génération de cornées artificielles fabriquées en laboratoire grâce à l’impression 3D. Ces greffons associeront plusieurs types de cellules afin de reproduire au mieux la structure de la cornée et d’améliorer leur capacité à réparer les tissus abîmés.
Les chercheurs utiliseront des cellules capables de participer à la reconstruction de la surface de l’œil et des couches plus profondes de la cornée. Cette approche pourrait permettre de mieux traiter les ulcères de la cornée, de limiter les complications liées à la cicatrisation et de réduire les risques d’inflammation ou de perte de transparence de l’œil.
Le projet prévoit également de développer des méthodes de fabrication et de conservation adaptées à une utilisation médicale, afin de rendre ces greffons plus facilement disponibles pour les patients. A terme, ces cornées bio-fabriquées pourraient offrir une nouvelle solution pour lutter contre certaines causes de cécité et constituer également des modèles innovants pour tester de futurs traitements ophtalmologiques.
| Coordinateur : Eric Gabison – UMR 976 Université Paris Cité – Fondation A. de Rothschild – CNRS – Inserm |
| Julie Veran – Centre d’investigation clinique Marseille Inserm |
| Marc Muraine – Délégation à la Recherche Clinique et à l’Innovation CHU de Rouen – Hôpital Charles-Nicolle |

